Les étudiants extra-communautaires en difficulté financière face à la question du logement

Quand trouver un logement est un défi pour tous, partir avec un moins de moyen est d’autant plus dommageable ; c’est pourtant la réalité des étudiants extra-communautaires. Imaginez-vous, vivre au Sénégal, toucher le salaire moyen mensuel, soit environ 200 euros. A présent, pour venir faire ses études en France, il est nécessaire de payer 2.700 euros de frais d’inscription.

Écrit par Étienne Soudier

En France, il est de plus en plus difficile de se loger dans les grandes villes. Les populations les plus précaires, dont font partie les étudiants, en sont les premières victimes. Le marché locatif a diminué de 31,9 pourcents  entre octobre 2021 et octobre 2024. Les loyers ont explosé, ils ont augmenté de quatre pourcents en 2024, selon des estimations de Seloger. Il devient ainsi de plus en plus dur de trouver un logement sur le marché privé.

Pour les étudiants extra-communautaires, c’est-à-dire, non porteur d’une nationalité de l’Union européenne, c’est encore plus tendu. Abdou Gueye, adjoint au pôle social de l’Association des Etudiants et Stagiaires Sénégalais de Strasbourg (AESSS) témoigne de la situation des étudiants qu’il accompagne: «La seule solution, c’est d’avoir un logement Crous, lorsque l’on a un budget de 600 euros par mois : payer 500 euros de loyer, ce n’est pas possible. »

Lorsqu’ils le peuvent, les étudiants postulent à un logement Crous. Leurs faibles revenus, souvent issus d’un travail à mi-temps, justifient leurs candidatures. Toutefois les cités universitaires sont remplies et parfois les bons documents manquent. D’après le secrétaire de l’AESSS, il est impossible de postuler sans contrat de travail ou AVI (attestation de virement irrévocable ; une somme de 5.000 euros bloquée pour le temps des études et saisie en cas d’impayé).

Alors les étudiants doivent se tourner vers le marché privé, et là c’est beaucoup plus compliqué. La concurrence avec les étudiants résidents est impossible ; les garants n’ont pas la même valeur. Les revenus étant bien plus faibles au Sénégal, ils ne peuvent pas rivaliser.

Ce constat est fait sans parler du racisme souvent présent lors de la recherche d’un logement. L’association SOS Racisme a réalisé une étude en Île-de-France, d’après laquelle « une personne d’origine maghrébine a 50% de chance en moins » d’obtenir un bail. Pour les personnes d’origine subsaharienne c’est 55% de chance en moins. Cela à dossier égal. 

Enfin, la situation tend plus à se détériorer qu’à se résoudre. Le projet de Loi de finance 2026 pourrait supprimer les Aides Personnalisées au Logement (APL) à destination des étudiants étrangers. La conséquence pour les 300 000 étudiants étrangers en France : un plongeon dans la précarité et potentiellement une privation de logement.

Face à ce problème, les étudiants s’organisent. L’AFGES, (Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg) propose par exemple un dispositif de logement d’urgence. Mais le problème de fond subsiste. Et contre cela, des organisations comme Sos Racisme ou l’AFGES militent afin de permettre l’accès au logement pour tous.

À propos de l’auteur

Étienne est étudiant en Géographie et Aménagement. Il s’est engagé dans ces études pour lutter contre les inégalités socio-spatiales. Ce projet a donc été un prolongement pour lui, et un moyen d’acquérir une nouvelle perspective sur ce problème endémique. 

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